UN ACCUEIL PRINCIER
C'est avec les honneurs que nous sommes reçus au Japon : la miss kkhuette nous attend à l'aéroport, nous guide dans les transports jusqu'à Yoshikawa, nous accueille dans la maison de ses beaux-parents (qu'elle occupe pendant qu'ils sont en voyage en Argentine) dans laquelle elle a aménagé la grande chambre avec balcon privatif spécialement pour nous, nous sert un apéro royal … Akira nous rejoint à cette étape et le programme peut continuer : karaoké et club à Shibuya (quartier très animé de Tokyo) … que demande le peuple ?
Nous sommes sur un petit nuage : une chambre à nous, où nous pouvons ranger nos affaires dans des tiroirs et les y laisser plus de 48H et une organisation de fiesta digne de ma nénette (le karaoké, très franchement, on y croyait assez peu, mais le concept est génial. Tu loues un mini salon pendant 2H, pendant lesquelles tu commandes boissons et plats à volonté, tu as un écran géant et un large choix de chansons japs et internationales, deux micros … et c'est parti !!! ).
Un copain d'Akira et une copine française également en vacances au Japon étaient également de la partie au karaoké et nous avons bien rigolé. Nous avons même découvert qu'Olivia avait un vrai talent de chanteuse, ce qu'elle nous avait caché jusque-là. Cette kkhuet est pleine de ressources ! Bien échauffé, nous filons au Womb (club fétiche d'Olivia) où nous avons droit à un son digne des meilleures soirées Rex. Sur le chemin, nous passons devant plusieurs love hotels, où tu loues des chambres à l'heure, à la demi-journée ou pour la nuit pour un prix tout à fait raisonnable pour une ville comme Tokyo où l'hébergement coûte un bras. Panoplies érotiques en location et bains à bulle font partie de la prestation, avis aux amateurs. Bon, nous, nous ne ferons que passer devant et irons plutôt suer sur les dance-floors des différentes salles du Womb. Et comme on a plus de train avant le petit matin, autant en profiter à fond. C'est ce que nous faisons et nous sortons de là, un peu fatigués, sur les coups de 6H. Nous prenons tous ensemble un ramen (plat populaire japonais qui est une sorte de soupe avec nouilles, porc, oeuf, herbes, etc … il paraît que chaque resto le fait différemment) pour prendre quelques forces et partons chacun de notre côté. Akira et Diereba (copine d'Olivia) partent l'un à l'université pour assurer l'entraînement de foot (bon courage !), l'autre à Kyoto pour continuer son voyage.
Nous, nous rentrons à la maison (avec difficulté parce que tout le monde s'endort dans le train !) et passons un dimanche non-journée où l'activité principale est dormir.
Nous émergeons en fin de journée (ça faisait très longtemps que ça nous était pas arrivé, et ça fait un petit bain de jouvence … quelques jours après tes 41 ans, c'est pas désagréable), nous glandons et papotons pendant qu'Olivia s'affaire en cuisine. Akira rentre, un peu usé, et nous nous délectons du dîner de dingue que la miss nous a préparé. Après ça, nous nous disons qu'une petite promenade digestive serait la bienvenue, et cela tombe bien, il y a un lac artificiel à une grosse vingtaine de minutes de marche de la maison. Nous n'arriverons jamais au lac puisque c'était sans compter que sur le chemin il y a d'abord un énorme centre commercial et il faut savoir que l'activité number one des Japonais est le shopping !!! Donc Akira veut que nous traversions le centre. On finit dans une isakaya (bar / resto avec des petits box privatifs) pour nous rafraîchir (il fait encore super chaud) et Akira ne peut pas s'empêcher de commander un peu de poisson cru (l'estomac de ce mec est un puits sans fond !). Après ça, nous rentrons tranquillement.
TOKYO QUARTIER PAR QUARTIER
L'objectif de notre voyage au Japon étant de profiter un maximum d'Olivia en respectant un budget raisonnable, nous avons décidé de rester l'ensemble du séjour à Tokyo. La ville est assez grande pour nous offrir des activités diverses pendant les neuf jours. Donc, jour après jour, nous parcourons Tokyo, quartier par quartier.
SHINJUKU
Le lundi (jour de congé d'Akira), les deux lascars nous font d'abord découvrir Shinjuku. C'est le plus grand arrondissement de Tokyo et offre trois visages : tout d'abord une forêt de buildings de bureaux, ensuite le Kabuki-cho, le quartier le plus chaud de la ville et enfin le Shinjuku gyoen , le plus grand parc de la ville. Nous partons à la recherche d'une librairie française dont j'ai relevé l'adresse sur internet pour nous procurer un guide sur Tokyo. Ce n'est pas une mince affaire, à Tokyo les noms des rues ne sont pas indiquées, la numérotation des immeubles n'est pas du tout linéaire mais dépend de leur année de construction … on tourne et vire et sans Akira nous n'y serions jamais arrivés ! Nous nous dirigeons ensuite vers Kabuki-cho, à côté de qui Pigalle fait figure d'enfant sage (d'après le guide) … rien ou presque n'est visible puisque tout se passe dans les étages des buildings. Seules quelques photos ou enseignes suggestives font que l'on se rend compte du dévergondage de la zone, mais de là à faire rougir Pigalle, ils exagèrent ! On y est peut-être allé trop tôt dans la journée...
UENO
Au lieu de continuer par le parc, nous reprenons le métro pour aller à Ueno, un autre arrondissement, plus populaire. Nous n'irons pas loin avant de trouver notre bonheur : une rue avec plein de petits bars-restos avec des terrasses (ce qui est un luxe dans cette ville). Nous nous installons pour l'apéro et commandons multitude de petits plats pour grignoter : sashimi, brochettes, carpaccio de cheval (non, Anouk, pas la tête !), poulet pané, poulpes grillés … tout est fameux. Nous quittons l'endroit un moment pour déambuler dans une rue commerçante qui fait office de marché géant. Il y a de tout ou presque : des fringues, du parfum, de la bagagerie, des bijoux, tout ça à des prix bradés, et en même temps toute une série de petits commerces de bouffe, et notamment des primeurs et des poissonniers, eux aussi relativement bon marché, ce qui n'est pas négligeable parce qu'au supermarché les fruits et légumes coûtent un bras puisqu'ils sont pour la plupart importés. Les garçons sont respectivement à la recherche d'un sac. Nous les abandonnons faire leur emplette et retournons au petit bar discuter un peu toutes les deux. Une fois les sacs achetés, nous avons bu un coup tous ensemble et sommes rentrés à Yoshikawa.
ASAKUSA – RYOGOKU
Première escapade en solo. Le métro est pas évident mais nous arrivons à bon port, le quartier d'Asakusa. Nous allons y voir le Senso-ji, le temple le plus célèbre de Tokyo. Juste avant d'y arriver, il y a un passage commerçant où toutes sortes de souvenirs sont vendues, des peluches pokemon aux poupées japonaises en bois, en passant par les chaussures en tissu montantes avec le gros orteil séparé (que la kkhuet a portées très régulièrement ces dernières années et qui sont en fait des chaussures que portent les ouvriers pour bosser). Nous déambulons un moment autour du temple puis nous perdons dans les rues adjacentes pour découvrir le quartier. Pas grand chose à en dire, si ce n'est que c'est calme et plein de maisons basses qui donnent un aperçu du vieux Tokyo. Nous rejoignons un petit parc qui longe le bord de la rivière Sumida et découvrons la Flamme d'or (sculpture de Philippe Starck) sur l'autre rive.
Au bout d'un moment, nous passons dans l'arrondissement voisin, Ryogoku, réputé pour être le quartier des sumotoris. S'y trouve effectivement le stade où ont lieu les combats, qui se déroulent 3 fois par an. Nous avons du bol, nous sommes en plein dans la dernière période de combats de l'année, mais malheureusement, quand nous chercherons à acheter des billets pour le dimanche, le prix des places restantes nous dissuadera. Nous croisons malgré tout deux des colosses : un dans le métro et l'autre sur un vélo, ce qui donne un tableau assez comique, les dimensions du géant et celles de la bicyclette étant totalement disproportionnées. Ryogoku est encore plus plaisible qu'Asakusa, certains miniquartiers résidentiels font presque penser à des villages. Nous tombons par hasard sur une rue où a lieu un concours d'épouvantails réalisés par des enfants qui sont accrochés tout le long des trottoirs. C'est drôle, même si les personnages de Disney sont de loin les plus nombreux, et donne à la rue un aspect décontracté et une ambiance bon enfant.
Le soir, RAS, nous nous faisons une petite dinette à la maison.
PALAIS IMPERIAL
Le lendemain, nous nous concentrons sur le quartier du palais impérial, où, comme son nom l'indique, l'empereur a fait construire son palais ! Malheureusement, il est fermé au public et seuls les jardins qui l'entourent sont accessibles. Ils sont beaux et étendus, nous y passons quelques heures. La fin des jardins nous conduit jusqu'à la frontière avec le quartier de Marunouchi, dans lequel nous n'entrerons pas vraiment et dont nous verrons seulement la caserne de pompiers, avec ses camions rutilants. Nous retournons à la station de métro Tokyo où nous étions arrivés et d'où notre train pour Yoshikawa est direct. Pour cela, nous traversons la grande zone de buildings de bureaux qui fait face au palais. Pas d'intérêt, même pas architectural, tous les immeubles ont la même forme, très rectiligne. Ce quartier n'est pas un lieu de vie, mais un lieu de travail. On s'en échappe donc vite fait !
Nous rentrons pas trop tard à Yoshikawa, où Olivia et Akira nous attendent pour fêter l'anniversaire de ce dernier. Pour l'occasion, nous testons un resto coréen, avec un système de mini barbecue sur la table, où tu as pendant un temps déterminé lors de la réservation de la viande et des légumes à volonté. Le lemon sour (boisson alcoolisée légère que Ludo et moi avons adoptée) coule à flot. Nous papotons un moment avec des anglais et des japonais que nous rencontrons dans le resto puis rentrons souffler les bougies à la maison (les Japonais ne mangent quasiment pas de dessert, en conséquence les restos n'en proposent que rarement).
SHIBUYA – HARUJUKU
Le lemon sour a beau être léger, nous avons quand même du mal à nous arracher le lendemain matin pour honorer notre rendez-vous avec Alexandra et Frédéric, couple de journalistes de presse automobile (Alexandra travaille à Motor Presse et Frédéric chez Hachette) qui ont pour autre passion commune le Japon. Ils y viennent une à deux fois par an, prennent des cours de japonais le reste de l'année à Paris et se sentent à Tokyo comme des poissons dans l'eau. Ils ont eu la gentillesse de nous proposer de passer une journée avec eux, pendant laquelle ils nous feront découvrir leur quartier tokyoïte préféré : Shibuya. N'en ayant eu qu'un aperçu très « indoor » lors de notre première soirée, nous sautons sur l'occasion. Et comme nous avons bien fait ! Alex et Fred (nous sommes un peu intimes maintenant !) nous ont permis de voir les multiples facettes de ce quartier. Au-delà des grands magasins et de ses diverses lieux de sortie nocturne où la jeunesse vient consommer et s'amuser avec frénésie, il abrite également une jolie zone résidentielle dans laquelle on échappe complétement au tumulte de la foule. On replonge ensuite dans la folie douce des ados en atteignant le quartier de Harajuku, temple des modes les plus dingues. Le standing devient plus sélect quand on atteint Omotesando, les « Champs » de Tokyo où sont réunies toutes les grandes marques dans des écrins que leur ont concoctés les plus grands architectes. L'immeuble Prada en est un célèbre exemple.
Nous avons également eu droit à une vue panoramique de la ville depuis la chambre d'hôtel de nos adorables guides. On se rend d'autant mieux compte de la diversité des reliefs, les zones occupées par les maisons n'étant finalement pas si rares. Or, on ne nous montre jamais cet aspect de Tokyo, concentrant notre attention sur les buildings incroyables et les néons et enseignes hypnotiques.
Au niveau gustatif nous faisons également des découvertes. Nous déjeunons tout d'abord dans un restaurant qui sert des okonomyaki, sorte de crêpes que tu prépares et fais cuire toi-même, une bonne partie de la table étant occupée par une plaque chauffante. C'est bon et ludique (tu peux jouer avec tout un tas de sauces à ta disposition ainsi que des copeaux ultra fins de poisson séché qui paraissent danser sous l'effet de la chaleur). Le soir, nous sommes allés dans une isakaya, où nous avons gouté à plein de trucs (poisson cru, oursins, poulpes, brochettes, champignons …).
Tels Cendrillon, à 22H nous devons prendre le train sous peine de finir à l'hôtel. Nous abandonnons à contre-coeur Alex et Fred, nous gourons sur notre trajet et finissons par arriver à la maison à 1H !!
NIPORI – UENO
Nous passons la matinée tranquillou à la maison avec Olivia et retrouvons à 15H Diereba (copine d'Olivia avec qui nous avions passé la 1ère soirée), dont c'est le dernier jour de vacance. Nous la récupérons à Shinjuku et partons directement dans le quartier de Nipori, qu'Olivia ne connaît pas encore et qu'elle souhaite voir dans le cadre de son programme de prospection des quartiers où elle pourrait définitivement s'installer.
Quelle merveille ! Un petit quartier à l'ancienne, avec des maisons basses exclusivement et son lot de bars, restos et commerces de proximité. Tout cela à deux pas du parc d'Ueno, que nous traversons pour retourner dans la rue festive qui nous avait tant plu, au pied du métro d'Ueno. A cet endroit, le métro est aérien et chaque rame qui passe donne au quartier un petit air de Brooklyn … on se croirait dans un film de Woody Allen, quand il évoque son enfance et les problèmes qu'il a avec sa mère!
Nous quittons Diereba et retrouvons Akira sur le chemin de Yoshikawa, où nous allons dîner dans une isakaya (encore plein de bonheur pour les papilles. La cuisine japonaise est définitivement la meilleure que nous ayons goûtée jusque là. Elle est raffinée et le panel des possibilités est très large).
Le samedi, nous faisons journée off. Nous restons à la maison, appelons nos familles respectives sur Skype, lavons notre linge … globalement glandons.
SHIBUYA – HARUJUKU – YOYOGI PARC
Pour notre dernière journée, nous retournons à Shibuya déposer un colis à l'hôtel d'Alexandra qui a la bonté de bien vouloir rapatrier quelques bricoles, retirer de l'argent à l'agence Citi Bank que nous connaissons (retirer du cash avec une carte Visa n'est pas simple … curieux, mais c'est comme ça). Nous avons de la chance : le quartier est animé de façon particulière. S'y déroule une espèce de « festival ». Les gens occupent la route, et des groupes habillés de courtes vestes de kimono, de cache-sexes pour les hommes et de pantalons de kimono pour les femmes portent des espèces d'autels qu'ils font tourner et virer en scandant des litanies auxquelles nous ne pipons rien. Chaque « équipe » se distingue par la couleur et le motif imprimé sur son kimono. Dans des carrioles sur le bord de la route, des enfants donnent le rythme en tapant sur des gros tambours. Nous restons un moment à observer et essayer de comprendre, mais c'est peine perdue, ce qui ne nous empêche pas d'apprécier le spectacle.
Nous continuons notre route vers le Parc Yoyogi. Nous y visitons le sanctuaire Meiji Jingu, temple shintoïste datant de 1920. Nous avons encore une fois du bol, deux cérémonies de mariage ont lieu, ce qui nous donne l'occasion d'admirer la tenue des mariés et mesurer la lourdeur du protocole (Olivia, bon courage !!). Quoiqu'il en soit, c'est superbe.
En sortant du parc, nous espérons croiser quelques cosplays qui sont censés traîner là le dimanche après-midi. Cosplays est la contraction de costume players, désignant ces adolescents déguisés, notamment en personnages de manga. Nous aurons moins de chance sur ce coup, et n'apercevrons qu'une paire de rockers affublés de bananes à faire pâlir Fonzie de jalousie. Too bad.
Voilà, ainsi s'achève notre voyage nippon. Tokyo sera pour nous la ville des contrastes, celle des buildings aux constructions folles avoisinant les maisons basses plus anciennes, celle d'une population laissant libre court à toutes ses folies et se montrant en même temps très respectueuse des règles et des traditions, une mégalopole agitée qui réussit à donner un sentiment de sérénité et de paix absolues (aucun vélo n'est attaché, tu es en terrasse d'un café, tu peux aller aux toilettes en laissant ton ordinateur et ton téléphone portable sur la table, tu sais qu'ils n'auront pas bougé à ton retour … pour des Français, c'est juste inimaginable !).
Nous comprenons maintenant qu'on puisse en tomber amoureux …. n'est ce pas Olivia, Alexandra, Frédéric ?
Ludo et Claire autour de la Terre