Nous voilà donc au Chili. Bon, évidemment, on va y être très peu de temps (quelques jours) en comparaison avec le plan initial, mais ne faire que la descente de Buenos Aires à Ushuaïa en Argentine aurait été très réducteur.

Du Chili, nous ne verrons donc que la région de San Pedro de Atacama, c'est à dire le désert du nord. Il faudra remettre le Chili sur notre liste (encore longue) de pays à découvrir. En même temps, tout le côté andin doit être assez similaire à ce que nous avons pu voir en Argentine et le pays n'est vraiment pas bon marché. Enfin, cas à étudier. ..

 

SAN PEDRO DE ATACAMA

Notre route vers San Pedro se fait par la montagne. Quand on se réveille, nous sommes à Purmamarca et nous revivons une seconde fois la route que nous avons faite pas plus tard que la veille. Nous revoyons avec plaisir le Mont des 7 Couleurs, le col suivi de la descente vers Salinas Grandes. Nous sommes au-dessus de 4 000 m assez longuement, d'ailleurs Ludo doit intervenir auprès d'une fille qui fait un malaise dans le bus.

 

Une fois arrivés et installés à l'hôtel, nous allons voir une agence de voyages que nous avions contactée par mail, Colque Tour, pour organiser une sortie aux Geysers d'El Tatio et l'excursion de trois jours au Salar de Uyuni qui doit nous conduire en Bolivie. C'est rapidement réglé. Nous avions pensé faire une autre activité, observation des étoiles dans le désert, mais il semble qu'on ait la poisse avec ça … c'est une nouvelle fois loupé, c'est pleine lune et est donc interrompu pendant quelques jours.

Nous allons acheter des empanadas (je suis fan) pour notre dîner du soir, devant Dr House (ça y est Fanou, nous sommes addicts !!).

Journée tranquille au programme du lendemain. En fin de matinée, nous faisons le tour du village. San Pedro de Atacama est un charmant village-oasis de la précordillère. Il se situe à un peu moins de 2 500 m d'altitude et compte 3 200 habitants. Ses maisons en adobe encadrent une petite place arborée et une ravissante église. Situé au coeur d'une des plus belles régions du nord du Chili (selon les guides), à quelques encablures du plus vaste salar du pays (Salar de Atacama) et entouré de volcans (dont le Licancabur – 5 916 m d'altitude), il est devenu une destination touristique incontournable.

 

 

On se demande comment un si petit village peut absorber tant de visiteurs. Maisons d'hôtes, restaurants, cybercafés et agences de voyages jalonnent les rues. Du coup, le village souffre de tous les symptômes du tourisme : prix élevés, rabatteurs aux abords des restaurants et agents de voyages peu amènes. Malgré tout, la ville conserve une captivante atmosphère propice à la détente.

 

Nous quittons le village en prenant une route au hasard. Quelques centaines de mètres et on est déjà dans le désert. Bien sûr, il y fait très chaud. On se balade une petite heure. Sur le chemin du retour, nous tombons sur un jeune couple de Suisses très sympas avec qui on discute et allons déjeuner.

 

L'après-midi, nous allons au musée Gustavo Le Paige. L'Atacama est un véritable paradis pour les archéologues. L'extrême aridité du milieu conserve les objets pendant des millénaires. Le musée expose des céramiques et des textiles en très bon état, ainsi qu'une extraordinaire collection d'objets utilisés par les chamans pour préparer, ingérer ou fumer des plantes hallucinogènes. Des explications très complètes racontent l'essor de la région, des premières cultures à la conquête inca et à l'invasion espagnole.

 

GEYSERS D'EL TATIO

Nous partons à 4H, dans le petit matin glacial, pour arriver sur le site à 6H, lorsque la différence de température permet de mieux admirer la formation des cheminées de vapeur. Et en effet, le spectacle des 80 geysers bouillonnant et gargouillant est impressionnant. A 4 300 m au-dessus du niveau de la mer, le volcan El Tatio est le plus haut champ de geysers du monde (il en existe 7).

El Tatio signifie «Le grand-père qui pleure». Il est ainsi nommé en raison d'un relief sur la montagne qui ressemble au profil d'un visage indien. Au niveau de l'oeil, il y a un amas de neige qui, quand le soleil brille, fond et coule, faisant penser à des larmes.

 

Les inquiétantes fumerolles (dans lesquelles nous n'hésitons pas à nous réfugier pour nous réchauffer) s'élevant dans l'azur de l'Altiplano, les eaux jaillissant du sol (pouvant atteindre 1m – 1,50m) et les étonnantes formations minérales sculptées par l'évaporation laissent un joli souvenir de cet endroit des plus curieux.

Nous allons ensuite sur un deuxième champ de geysers, beaucoup moins important, mais où a été installée une piscine thermale. Certains courageux s'y baignent. La seule idée de nous déshabiller nous fait hérisser le poil et nous faisons l'impasse.

 

 

Nous reprenons la route, dans un décor de dingue, pour nous diriger vers le village de Machuca. Nous faisons une courte halte sur un pont, pour admirer le paysage, observer les oiseaux qui flottent sur les eaux en partie gelées et surprendre une viscache (sorte de lapin en peluche avec une longue queue).

 

MACHUCA

 

L'arrêt dans le village de Machuca, constitué de quelques maisons en pisé et une très jolie église à flanc de montagne, est purement commercial. Les habitants ne vivent que de ces visites pendant lesquelles les touristes mangent des brochettes de lama, payent pour aller aux toilettes, achètent des pulls, bonnets, ponchos tricotés avec de la laine de lama.

 

 

 

BREF MAIS BON

 

Le lendemain matin sonne déjà le départ du Chili. Après avoir rempli les formalités de sortie au même bureau de douanes de San Pedro, nous prenons un bus qui nous conduit à la frontière bolivienne, à quelques dizaines de kilomètres de là.

 

Notre séjour a été très court et nous a donné davantage l'impression d'une extension de notre voyage en Argentine que de la découverte d'un nouveau pays (à l'exception de la langue et de la monnaie) toujours avec des espaces vierges et sauvages aux dimensions incroyables, qui nous renvoient à notre état de micro particules et nous forcent à l'humilité (ça peut pas nous faire de mal).